Une très brève introduction à l’open access, par Peter Suber
Document original: A Very Brief Introduction to Open Access, by Peter Suber.
Traduction par Marie Lebert.
Première mise en ligne le 10 septembre 2012.
Dernière révision le 19 octobre 2012.
Une présentation plus complète est également disponible en français et en anglais.
La littérature scientifique en open access est numérique, en ligne, gratuite et exempte de la plupart des restrictions en termes de copyright et de licence. Ce qui rend l’open access possible est l’internet et le consentement de l’auteur ou du détenteur du copyright.
Dans la plupart des domaines, les revues académiques ne rémunèrent pas les auteurs, qui peuvent ainsi choisir une diffusion en open access sans perte de revenus. À cet égard les universitaires et les scientifiques sont dans une situation très différente de celle de la plupart des musiciens et cinéastes, et les controverses relatives à l’open access pour la musique et les films ne sont pas de mise pour les travaux de recherche.
L’open access est entièrement compatible avec l’évaluation des articles par les pairs, et toutes les initiatives majeures promouvant l’open access aux travaux universitaires et scientifiques insistent sur l’importance de cette évaluation. Tout comme les auteurs d’articles scientifiques font don de leur travail, c’est aussi le cas de la plupart des directeurs de publication et des membres du comité de lecture.
La production de la littérature scientifique en open access n’est pas gratuite, tout en étant plus économique que la production de la littérature scientifique publiée de manière conventionnelle. La question n’est pas de savoir si la littérature académique peut être produite gratuitement, elle est de savoir s’il existe de meilleures façons de couvrir les coûts que de faire payer les lecteurs et de créer des barrières d’accès. Les modèles économiques permettant de couvrir ces coûts dépendent du mode de diffusion de cette littérature en open access.
Il existe deux modes principaux de diffusion en open access pour les articles de recherche: les revues ouvertes et les archives ouvertes.
* Les archives ouvertes ne sont pas soumises à une évaluation par les pairs, mais mettent simplement leur contenu gratuitement à la disposition de tous. Ces archives peuvent contenir des preprints non évalués par les pairs, des publications validées par les pairs ou bien les deux. Ces archives peuvent appartenir à des institutions comme des universités ou des laboratoires ou bien relever d’une discipline donnée comme la physique ou l’économie. Des auteurs peuvent archiver leurs preprints sans la permission de quiconque, et la majorité des revues permet d’ores et déjà aux auteurs d’archiver leurs postprints (articles publiés). Lorsque les archives se conforment au protocole de collecte des métadonnées de l’Open Archives Initiative (OAI), l’interopérabilité de ces archives permet aux usagers de trouver un contenu donné sans devoir connaître quelles archives existent, où elles se trouvent et ce qu’elles contiennent. Il existe maintenant des logiciels open source permettant de créer et de gérer des archives conformes au protocole de l’OAI, tout comme un mouvement mondial prônant de tels logiciels.
* Les revues ouvertes soumettent les articles à une évaluation par les pairs et mettent ensuite les articles acceptés à la disposition de tous gratuitement. Les dépenses de ces revues concernent l’évaluation des articles par le comité de lecture, la préparation des manuscrits et l’espace requis sur un serveur. Les revues ouvertes paient les coûts engagés de la même manière que les chaînes de télévision ou les stations de radio. Celles qui privilégient la diffusion du contenu paient les coûts de production en amont afin de permettre le libre accès de ce contenu à quiconque disposant de l’équipement voulu. Dans certains cas, cela signifie que les revues reçoivent une subvention accordée par l’université hôte ou par une association professionnelle. Dans d’autres cas, cela signifie que les revues facturent des frais de publication sur les articles acceptés, ces frais étant pris en charge par l’auteur ou par le sponsor de l’auteur (employeur ou agence de financement). Les revues ouvertes qui facturent des frais de publication suppriment souvent ces frais si l’auteur a des difficultés économiques. Les revues ouvertes recevant des subventions institutionnelles ne facturent en général pas les frais de publication. Certaines revues ouvertes peuvent se contenter de subventions ou de frais de publication moindres si elles disposent par ailleurs de revenus provenant d’autres publications, de la publicité, d’adds-on payants ou de services annexes. Certaines institutions et certains consortiums proposent des remises sur les frais de publication. Certains éditeurs de revues ouvertes suppriment les frais de publication pour tous les chercheurs affiliés à des institutions ayant souscrit un abonnement annuel. De nombreuses solutions créatives sont possibles pour trouver des formules permettant de payer les coûts d’une revue ouverte avec évaluation par les pairs, et nous sommes loin d’avoir épuisé les ressources de notre intelligence et de notre imagination dans ce domaine.
Pour une présentation plus longue proposant de nombreux liens vers d’autres sources, voir Présentation de l’open access en français et Open Access Overview en anglais.
